Le jardinage au naturel c’est cultiver en respectant la Nature : mode d’emploi

Pour le respect de la Nature, pour notre santé, voici quelques conseils pour bien conduire votre espace jardin au naturel.

Se rapprocher du cycle naturel

Le respect des saisons est primordial même si on peut « forcer » les plantes par des protections hivernales, semis précoces, culture en serre… En revanche, les pratiques culturales comme les fertilisations, les tailles, la multiplication… doivent être faites au bon moment.

Il est aussi plus facile de cultiver les plantes adaptées au sol et au climat du jardin.

Les herbes dites mauvaises

Les herbes indésirables ont une (ou plusieurs) fonctions qu’il ne faut pas négliger : décompactage du sol avec leurs racines parfois pivotantes, drainage du sol, nourriture pour les insectes terricoles et vers, ombrage par leur feuillage… le tout est de les laisser dans une colonisation acceptable. Attention de ne pas les laisser grainer, ne pas les mettre au compost si elles sont en fruit ou en graine, et bien laisser sécher les racines des vivaces, sous peine d’envahissement non contrôlable. Les indésirables sont en compétition avec les cultures pour la lumière, l’eau et la nourriture. Leur développement est à surveiller.

Les rotations de cultures

Afin d’éviter l’épuisement du sol en certains éléments nutritifs et l’accroissement de maladies spécifiques à une plante, on évite de mettre en place une culture au même endroit que l’année précédente, ainsi que les plantes de la même famille végétale.

Les mouvements du sol

Il est préférable de ne plus retourner la terre avec un bêchage ou un labour, mais de la décompacter, à la grelinette, ou la fourche bêche ou par des griffages répétés. Les couches ne sont alors plus mélangées et ce afin de préserver la vie du sol.

L’analyse de sol

Bien que non obligatoire, l’analyse granulométrique (teneur du sol en sable, argile, limon…) et chimique (teneur en éléments minéraux, pH…) du sol nous renseigne sur les cultures possibles ainsi que sur la fertilisation à faire. C’est un investissement qui peut s’avérer très rentable par la suite, nous évitant beaucoup d’erreurs dans le choix des plantes et de la fertilisation.

La fertilisation

Elle sera à base de produits naturels : fumiers, compost, engrais organiques, sang desséché, corne broyée, guano, plumes, algues…

L’humus est le pivot de la fertilisation

L’humus résulte de la décomposition de matières organiques, grâce à l’action combinée de l’air, l’eau, la température et les micro-organismes. C’est le résultat d’un compostage.

Certains purins ont des effets dynamisants, on les emploie en complément d’une fertilisation de base. C’est le cas de l’ortie et de la consoude.

L’arrosage

La règle à observer est la suivante : apporter à la plante la quantité d’eau adaptée à son développement, au moment où elle en a besoin. Tous les moyens sont bons s’ils n’engendrent pas de gaspillage ou de manque.

De plus, l’arrosage ne doit pas tasser le sol et occasionner des ruissellements. Le trop d’eau entraîne des lessivages donc des appauvrissements du sol qui sont sources de pollutions (pesticides, nitrates…)

Plus qu’un facteur économique, les économies d’eau répondent à une réalité écologique et environnementale. Apprenons à récolter l’eau de pluie et à la stocker.

Le paillage

Le paillage protège la terre, de la sécheresse, des variations de température, de la violence de la pluie, du tassement, de l’érosion, du ruissellement.

La terre n’aime pas être nue, quelle que soit la saison. Les habitants du sol ont besoin de cette couverture, qui leur sert aussi de nourriture.

On paille avec tout ce qui est à notre portée : feuilles, herbes sèches, branchage, carton, broyage…

Il existe aussi des paillages du commerce : voile, paille de lin, fève de cacao…

Les habitants du sol

Les racines des plantes, décompactent le terrain, servent de drain en cas de pluie et de pompe en favorisant la remontée de l’eau par capillarité. Les racines servent aussi de nourriture aux autres habitants du sol, insectes, vers, champignons…

Si les conditions de vie sont réunies, la faune du sol devient importante. Et le risque de voir se développer une population plus rapidement qu’une autre est amoindri. Une biodiversité importante favorise l’équilibre entre les populations et limite le risque de pathogènes.

Les auxiliaires

Ce sont les « aides » du jardin. Les animaux, souvent des insectes mais aussi les oiseaux, reptiles, batraciens, arachnides… qui se nourrissent des parasites. L’exemple le plus connu est la coccinelle qui se nourrit de pucerons. Comment les aider:

Ne pas les pulvériser à l’insecticide, ni aux désherbants et leur laisser un gîte et un couvert.

Avoir un coin de prairie que l’on ne fauche pas, afin d’attirer les insectes (par les fleurs, abris…).

Ne pas traiter dès que les parasites arrivent car on supprime du coup le garde manger des auxiliaires qui vont donc se reproduire et pondre ailleurs. Cela demande de la patience et un soupçon de tolérance…

Les traitements

Ce sont essentiellement des pulvérisations de divers purins.

On a aussi recours au traitement qui parfois est bio avec de très bons résultats. Mais il faut toujours s’interroger sur le pourquoi de cette attaque parasitaire : mauvaise plante, mauvais endroit, mauvaise saison, mauvaise pratique culturale…

Trouver le pourquoi c’est déjà trouver une partie de la solution.

Donnons le temps au Temps

Que serait un jardinier sans la patience ! Encore faut-il avoir de la tolérance… Tout ne peut être parfait dans un jardin, certaines plantes n’y viennent pas, d’autres sont sensibles aux attaques parasitaires ou aux variations du climat.

Savoir accepter que les plantes ne donnent pas toujours le meilleur d’elles mêmes, c’est un premier pas vers le jardinage  au naturel.

trèfle incarna, très utilisé comme engrais vert dans le jardinage au naturel

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