Comment se débarrasser du chiendent dans son jardin ? Le désherbant sélectif ne sert à rien, le Glyphosate pollue, l’arrachage manuel est vain, le motoculteur le multiplie !

Le chiendent vous dit tout :

Le chiendent est une graminée, vivace et possède une tige souterraine traçante, le rhizome. Le chiendent pousse dans le sols déstructurés, fatigués, compacts, calcaires, à fort contraste hydrique. Il indique aussi un excès de nitrate et de potasse. Sur de grandes surfaces, on peut régénérer les sols en semant un mélange de graminées et de légumineuses vivaces. Prévoir entre 3 et 5 variétés de chaque.

(Source : plantes bio-indicatrices, Gérard Ducerf, edt. Promonature)

Herbes des rues. Un interstice et la nature s’installe.

Dans les zones cultivées, on obtient de bons résultats avec une association de compost mûr et de paillage ligneux. Le sol se décompacte grâce à l’activité de la faune du sol et s’équilibre en éléments fertilisants. De plus dans un terrain souple, il est plus aisé d’enlever les racines de chiendent manuellement. J’avoue qu’il faut s’armer de patience, mais n’est-ce pas la qualité principale du jardinier ?

Le compost, s’il n’est pas de fabrication personnelle, se trouve dans les points de vente jardin. Le paillage, plus onéreux, est obtenu par broyage d’éléments fibreux récoltés dans le jardin : déchets de taille, paille, feuilles sèches…

D’année en année, le sol se corrige et on évite l’emploi de désherbant et de fertilisants chimiques. D’ailleurs, le sol se modifie en permanence. Chaque année, des espèces disparaissent et d’autres font leur apparition. Mais la nature prend son temps…

Si votre planche de fraisier est envahie de chiendent – ou de liseron – changez les fraisiers de place, ce sera plus facile et plus rapide.

Mais comment s’en débarrasser ?

Je comprends votre impatience. Tout dépend où se trouve le chiendent. Voyons différents cas.

Terrain avant mise en culture

Il est vrai que le travail du sol, au motoculteur ne va rien arranger. Les lames vont couper les racines du chiendent et de ce fait, le multiplier. Donc, mauvaise idée. On peut au préalable, épandre sur le sol un film plastique transparent afin d’étouffer la plante. Ce procéder tue aussi tout le reste, visible ou non comme les micro-organismes. Les vers de terre fichent le camp… Mais le chiendent installé a un enracinement profond et la suppression n’est jamais totale. De plus il faut laisser la bâche plastique plusieurs mois en place. Une fois l’opération réalisée, le travail du sol peut se faire. Si le motoculteur est indispensable, pour un semis de gazon par exemple, le retournement se fait à une faible profondeur. 10 cm sont suffisants.

Dans le cas d’un futur potager ou d’un massif de fleurs, vous pouvez procéder comme ci-dessus. Toutefois sur de petites surfaces, la fourche-bêche est encore efficace pour ôter le plus possible de racines avant plantation. Puis, le paillage devient indispensable. Toutefois, ce dernier doit être conséquent en épaisseur, environ 10 cm ! De plus, il reste en place 12 mois sur 12.

Tous ces conseils se déclinent pour les plupart des adventices indésirables. Toutefois, n’est pas mauvaise herbe qui veut ! Certaines sont jolies en fleurs et attirent les insectes pollinisateurs. D’autres travaillent le sol en profondeur, le décompactent, drainent l’eau, font office de paillage… Certaines sont comestibles et il est dommage de s’en priver. Juste apprendre à les domestiquer pour éviter une invasion.