Selon Dominique SOLTNER :

Le “Bonjour Dominique” titrant votre mail d’hier, ce passionnant blog d’automne, m’a fait plaisir, car je vois que vous me l’avez personnellement adressé. C’est donc à mon tour de vous écrire ce modeste “bonjour Daniel” !

Alors voici (…) une réponse à l’un des points de votre blog : (…)

un point m’a étonné un peu : le hachage de la paille.  Il est vrai que ce que vous recommandez est nécessaire si l’on fait son propre compost. Mais vous avez pu voir dans mon guide que personnellement je n’en fais plus du tout, puisque je composte tout au sol sous forme de mulchs.

Et alors là non seulement plus besoin de hacher la paille, mais je mulche bien plus grossier que la paille.

Je ne voulais plus de mes framboisiers non remontants, planche énorme et ligneuse de 1,20 x 15 m. En août 2008, nous les coupons au pied à la lame débrousailleuse (troncs ligneux de la grosseur de doigts). Tout reste au sol, et nous l¹écrasons à l’aide du micro-tracteur. Dessus, grosse couche de foin, puis de feuilles à l’automne. Passe l’hiver et les repousses sont peu nombreuses : le framboisier s¹étouffe facilement.

En avril 2009, nous écartons ce qui reste pour placer nos tomates. Elles n’ont jamais été si belles, sans aucun arrosage jusqu¹en juillet, autrement dit jusqu¹à leur  production active. Ensuite, un goutte à goutte a été installé étant donné la  forte sécheresse de cette année, et avec parcimonie.  Les photos sont spectaculaires.

Actuellement, sous les tomates, toute trace de mulch a disparu. Digérées les tiges de bois de framboisier, pourtant non broyées.

Sur une autre planche, seront faites les tomates 2010 : elle est actuellement sous 20 cm bien tassés…des tailles d’une grosse haie.

Bref, j’attribue ces bons résultats à la lignine, confirmant ce que constatent les utilisateurs de brf. Mais je n’ai pas de broyeur et  je continue à tester le BrEF (Branchages Entassés Foulés), voir page 103 de mon livre.

Cela dit, c’est très bien de continuer à recommander le compostage jardinier  en fosse, en bacs et autres composteurs. J’y vois plutôt un geste écologique. Mais pour d’assez grands jardins je n’en vois vraiment pas l’utilité face au compostage sous mulch.

D’ailleurs en tendant bien l’oreille les jours de calme au jardin, j’ai entendu de petites voix d’insectes et de vers : Merci patron de continuer à nous distribuer notre indispensable nourriture ! Nous faisons mieux le travail que nos collègues composteurs !

A bientôt, cher Daniel, et écoutez bien les petites voix souterraines !

Bonjour Monsieur Soltner,

Effectivement vous avez entièrement raison sur les bienfaits du compostage en place suite au mulch. Et je trouve cette pratique bien plus facile à réaliser avec de meilleurs résultats pour les cultures en place ou à venir.

Si j’ai parlé de broyer la paille, les feuilles et le foin, pour faire un compost de qualité, c’est pour freiner l’habitude oh combien mauvaise mais répandue, d’un brûlage systématique des déchets du jardin. La mise en paillis des déchets secs dans les massifs est confrontée aux critères esthétiques de notre société.

Bien d’accord pour dire que la beauté n’est que subjective et que l’intérêt d’un jardin passe d’abord par le bien être des habitants, notamment ceux du sol.

Mais que voulez-vous! Il vaut mieux encore voir composter les tiges sèches des achillées et autres Perowskia que  transformées en cendres.

C’est aussi bénéficier d’une source de matières sèches, dites brunes, que l’on mélangera aux matières vertes (comme le gazon,) afin d’éviter que nos jardiniers non expérimentés n’abandonnent le compostage à cause des odeurs…

L’esthétisme, l’agronomie et un certain manque de connaissances écologiques conduisent à des pratiques différentes voire parfois contradictoires.

Bien cordialement,

Daniel LYS

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